
http://a-dream-like-this.blogspot.com/2008/03/alex-prager.html
Réveille toi. Les immeubles sont plantés droits devant toi, ils se détachent du ciel, il est six heures, l’heure terrible, où tout est possible, mais où je suis incapable de faire quoi que ce soit. Tu ne sais pas si c’est l’angoisse de ces rues toutes vides qui te donne le vertige ou tout simplement la vodka, en tous cas, nous zigzaguons, et moi, j’ai peur de tomber sous ce ciel beaucoup trop parfait. À l’heure où les oiseaux chantent, mais où t’as la sale impression que, bizarrement, c’est pas pour toi. Trop tard, trop tôt, on a dépassé le quota, seulement le droit de prendre le premier métro et de rentrer chez toi. Classe.
- Et le jour, après quoi tu cours ?
- Je ne sais pas, et toi ?
- Je ne sais pas, mais on court.
- Oui, et même que je vais tout faire pour courir plus vite que toi.
Je ne comprends pas pourquoi je m’essouffle, et surtout j’ai la forte impression que ce n’est pas toujours pour les bonnes raisons. L’autre jour, j’ai quand même failli pleurer quand j’ai appris que je n’étais pas prise à VSD, non mais sans déconner…
Et il y a aussi cette vilaine crise d’acné, ce désastre cutané que je me suis tapé rien qu’à l’idée de ne pas obtenir un mois de CDD. C’était avant de savoir que je ne choisirais bien sûr pas la destination, France bleu Besançon me voilà… Et puis après quoi ? Tu rentres gentiment chez toi. Mais ça, ce n’est peut-être pas le pire qu’il puisse m’arriver.
Alors le soir, je ne dors pas, je perds haleine, je cours toujours. Je vais dans des boîtes branchées, bien habillée. Je mets des talons, et une jolie petite culotte au cas où, sur un malentendu, ça puisse marcher. Je choisis, de préférence, le garçon qui ne pourra pas m’aimer, celui qui est déjà amoureux, comme ça c’est sûr, il ne pourra rien m’arriver.
Faut dire que la dernière fois que j’ai cru à l’amour, j’ai été récompensé par un rond de serviette en bois avec mon nom gravé, de quoi être traumatisée, je suis trop jeune pour me marier, mais quand même, ce n’est pas franchement l’anneau auquel je m’attendais…
Peur d’aimer, peur d’être aimée, peur de souffrir.
Accepter n’importe quoi, par frousse de tout rater,
faire tout rater par peur que ça puisse marcher.
Ou la stratégie de Justine Kennedy.
Une recette simple : ivresse, mojito, cosmo, obscurité, sensation superficiel de liberté. Alors moi, je reste tapie dans l’ombre, j’attends que l’autre bondisse de la lumière artificielle. Et je cours dans tes bras. Je me déguise, j’aimerais être deux dans ces moments-là, pouvoir choisir laquelle, juste comme ça, je claque des doigts, je remue le nez, je frappe dans mes mains, putain, ça ne marche pas. Et je cours sucer mon pouce dans tes bras, dans un souvenir lointain de sécurité.
4 commentaires:
"claque des fesses quand je claque des doigts, mouille tes levres quand tu parles de moi..."
ca traine !
"Une recette simple : ivresse, mojito, cosmo, obscurité, sensation superficiel de liberté" : t'as pensé à écrire pour un féminin?
Je sais pas pourquoi je pleure, c'est le blog qui fait déborder le vase...
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