vendredi 11 janvier 2008
Gazette de Paris #4
Y’a pas Yoga.
Ça y est, j’ai plus envie de grandir, on arrête tout, je préfère rester larvée dans mon cocon. Mon école se met au goût du jour et propose un nouvel enseignement : “Piges et Pigistes” ou encore, “La pige c’est top cool”, “je t’apprends à galérer rationnellement”. Ce matin, j’étais déjà pas d’excellente humeur, mais la question “tu connais l’ANPE des journalistes” m’a définitivement achevé. On nous a appris à faire une carte de visite. J’hésite entre une version sobre : Justine Gourichon, journaliste/pigiste, ou une alternative : Justine Kennedy, streapteaseuse, avec du boa rose autour…
Mais on me rassure, ce sera sexy.
-Y’a pas de problème, tu peux très bien bosser pour France Bleu à Strasbourg et piger pour Les Nouvelles d’Alsace.
Je pensais pas vraiment à ça… alors ouais, je veux bien continuer à faire des exposés d’espagnol toute ma vie comme si j’avais 12 ans et demi.
La bonne nouvelle de ce début d’année, c’est le Bikram. Activité qui me permet de ne penser à rien, c’est un peu comme la piscine quand on se plonge la tête dans l’eau pour ne plus rien entendre, sauf que ça pu pas le clore mais les pieds… Ainsi, je ne pense pas à ma famille qui s’éparpille en petits morceaux, ni à : est-ce que, moi aussi, quand je serai grande, je ne parlerai plus à mes cinq soeurs ? Je pensais qu’il n’y avait que la mort qui nous séparait au final, mais non, y’a aussi la connerie.
-Respirez par le nez profondément.
-Oui, très bonne idée.
Je fixe un point dans le miroir, j’élimine les toxines. La toxine boulot, la toxine connard de prince charmant qu’est encore en retard. Je crois entendre le prof de sport me glisser à l’oreille :
-Justine, y’a plus de cheval blanc, aujourd’hui, c’est le vélib’, tu le prends, tu le reposes, tu poke et superpoke, tu targettise ou tu block.
Et moi de hurler, mais il est où l’amour courtois ? Mais non, j’inspire pas le nez, j’expire par le nez, je CANALISE.
Je ne pense qu’à l’effort qu’il faut que je fasse pour ne pas hurler de douleur,
mes petits muscles atrophiés ne faisant pas franchement les malins. Mais là, aujourd’hui, y’a pas yoga, je mange mes doigts, un par un.
J’ai envie de ne rien faire, à part, lire, écrire, écouter de la musique et regarder le dernier épisode de Desperate Housewives. J’opte pour la dernière solution, je pleurs et je préfère me dire que c’est parce que Lynette Scavo a retrouvé ses enfants après l’ouragan et que c’est trop émouvantif (désolée pour ceux qui n’avaient pas vu l’épisode).
-Est-ce que tu crois que c’est comme ça qu’on prépare son futur ?
-Ben… moyen…
C’est vrai que musicienne, c’est mort, j’ai bien pianoté un peu sur un clavier étant jeune, mais je me suis rendue compte que j’étais vachement plus douée pour me taper le pianiste (ou autre batteur et guitariste), lectrice ça me paraît un peu bizarre comme métier, après il reste écrivain (mais vous serez pas dans la merde quand j’écrirai une gazette de 200 pages), solution de la dernière chance, je me glisse dans la peau de Bree Van der Camp.
Quand je serai grande, je serai donc, actrice.
Ça y est, j’ai plus envie de grandir, on arrête tout, je préfère rester larvée dans mon cocon. Mon école se met au goût du jour et propose un nouvel enseignement : “Piges et Pigistes” ou encore, “La pige c’est top cool”, “je t’apprends à galérer rationnellement”. Ce matin, j’étais déjà pas d’excellente humeur, mais la question “tu connais l’ANPE des journalistes” m’a définitivement achevé. On nous a appris à faire une carte de visite. J’hésite entre une version sobre : Justine Gourichon, journaliste/pigiste, ou une alternative : Justine Kennedy, streapteaseuse, avec du boa rose autour…
Mais on me rassure, ce sera sexy.
-Y’a pas de problème, tu peux très bien bosser pour France Bleu à Strasbourg et piger pour Les Nouvelles d’Alsace.
Je pensais pas vraiment à ça… alors ouais, je veux bien continuer à faire des exposés d’espagnol toute ma vie comme si j’avais 12 ans et demi.
La bonne nouvelle de ce début d’année, c’est le Bikram. Activité qui me permet de ne penser à rien, c’est un peu comme la piscine quand on se plonge la tête dans l’eau pour ne plus rien entendre, sauf que ça pu pas le clore mais les pieds… Ainsi, je ne pense pas à ma famille qui s’éparpille en petits morceaux, ni à : est-ce que, moi aussi, quand je serai grande, je ne parlerai plus à mes cinq soeurs ? Je pensais qu’il n’y avait que la mort qui nous séparait au final, mais non, y’a aussi la connerie.
-Respirez par le nez profondément.
-Oui, très bonne idée.
Je fixe un point dans le miroir, j’élimine les toxines. La toxine boulot, la toxine connard de prince charmant qu’est encore en retard. Je crois entendre le prof de sport me glisser à l’oreille :
-Justine, y’a plus de cheval blanc, aujourd’hui, c’est le vélib’, tu le prends, tu le reposes, tu poke et superpoke, tu targettise ou tu block.
Et moi de hurler, mais il est où l’amour courtois ? Mais non, j’inspire pas le nez, j’expire par le nez, je CANALISE.
Je ne pense qu’à l’effort qu’il faut que je fasse pour ne pas hurler de douleur,
mes petits muscles atrophiés ne faisant pas franchement les malins. Mais là, aujourd’hui, y’a pas yoga, je mange mes doigts, un par un.
J’ai envie de ne rien faire, à part, lire, écrire, écouter de la musique et regarder le dernier épisode de Desperate Housewives. J’opte pour la dernière solution, je pleurs et je préfère me dire que c’est parce que Lynette Scavo a retrouvé ses enfants après l’ouragan et que c’est trop émouvantif (désolée pour ceux qui n’avaient pas vu l’épisode).
-Est-ce que tu crois que c’est comme ça qu’on prépare son futur ?
-Ben… moyen…
C’est vrai que musicienne, c’est mort, j’ai bien pianoté un peu sur un clavier étant jeune, mais je me suis rendue compte que j’étais vachement plus douée pour me taper le pianiste (ou autre batteur et guitariste), lectrice ça me paraît un peu bizarre comme métier, après il reste écrivain (mais vous serez pas dans la merde quand j’écrirai une gazette de 200 pages), solution de la dernière chance, je me glisse dans la peau de Bree Van der Camp.
Quand je serai grande, je serai donc, actrice.
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