

Sex and the Showcase
(Le titre n’est pas de moi, le contenu de la gazette non plus d’ailleurs, certains seraient en droit de réclamer des droits d’auteur).
Vraiment, je n’y croyais plus trop… J’en étais même arrivée à m’amuser de la perspicacité de ma boîte gmail qui m’envoie des Spam en relation directe avec l’objet de mes messages électroniques :
- « Hommes et sentiments. Comment faire parler un homme de ses sentiments : un guide spécial ».
- « Votre ex vous a quitté(e), notre stratégie peut vous aider. Rapport gratuit : éviter les erreurs »
- « Comptabilité amoureuse, notre expert voyant vous révèle votre bonheur en amour. Gratuit ».
En traversant le pont Alexandre III samedi soir, les paupières un peu lourdes de la fiesta de la veille, je parlais avec les petits bonhommes qui sont dans ma tête (moi aussi ça m’arrive) et je me disais, Justine, toi et les autres vous êtes au bout du rouleau, pourquoi tu vas pas faire dodo ?
- Parce que, m’ont-ils répondu avec impertinence.
Je regarde l’énorme file d’attente du haut du pont, et la seule chose qui me fait jouir intérieurement (pour l’instant), c’est de penser qu’au moins ici, il y a une grande queue (et franchement je ne suis pas particulièrement fière de cette remarque), mais surtout que je vais griller les cent cinquante petits bourges chemises blanches et gominés qui viennent fêter le mariage de Sarkozy. Direction les back stages. Y’a plus de bière ? Je prendrai donc une vodka, tant pis. Je ne passerai à la Cristalline que lorsque ma tête se mettra à virevolter dangereusement et quand, les yeux fermés, j’embrasse un garçon sans retenu aucune, tout en me cramponnant à lui avec l’impression que je vais vraiment tomber, ou lui vomir dessus.
La soirée avait vraiment commencé tranquillement, par un apéro plus que raisonnable, ce qui m’étonne quand j’y repense, parce que les mojitos n’étaient qu’à quatre euros, et je n’en ai bu que deux… Je discutais avec le garçon qui, à ce jour, est sûrement le plus romantique de tous, c’est aussi lui qui a révolutionné le principe de la date new-yorkaise, passant la règle des trois rendez-vous en un (sûrement parce que je le valais bien), et rien que pour ça je lui serai reconnaissante toute ma vie. Mais même les meilleurs ne sont pas à l’abri d’une bonne remarque de mec :
- Alors, tu es amoureux ?
- Non pas vraiment, mais c’est con, c’est un bon parti pourtant, me dit-il. Gros seins, grand appartement, gros compte en banque.
Je ris très fort, parce que je ne peux pas faire autrement, je ne vais pas me mettre à pleurer non plus, surtout en pensant que j’ai des petits seins, que je n’ose pas regarder l’état de mon compte en banque, que j’habite dans un placard et que d’une certaine manière, je serais bien un peu plus à découvert…
Je pars finalement au Showcase, en me disant, fuck les mecs, mes copines, elles sont trop cool, un peu plus tard je me rendais compte de la signification du mot euphémisme, et que la réalité dépassait largement ma pensée. Ce soir-là, les JVC étaient déchaînées, surtout le J. Elle a décidé de retourner la loge en lui donnant des allures de fête d’ados américains en balançant du PQ partout, et ouais faut pas faire les choses à moitié, surtout quand on est sponso par Ben&Jerry’s. Ça piaillait dans tous les sens, je ne sais plus qui a hurlé « non, je ne suis pas une pute à frange », ni ce qu’est devenu le mec à qui la première lettre de JVC voulait péter la gueule. Je me souviens par contre que Célinette parlait de l’amour avec un grand L (au Showcase, faut oser quand même), tout en définissant le looser : « un mec con qui se cache derrière un physique pourtant si agréable », et la salope : « une meuf trop bien pour vous ». La palme de la plus jolie expression revient, elle, au V., quand elle explique à je ne sais plus qui, qu’il a « frappé à la bonne personne », peut-être était-ce au moment où le régisseur demanda, suppliant, deux JVC pas trop bourrées pour mixer… je sais plus.
Moi, je m’occupais des lèvres de mon voisin et de la bouteille de cristalline. Je me disais que la vie peut parfois être facile, contrairement à ce que je pensais le matin même, lorsque, désespérément déshydratée, pendue au goulot de ma bouteille de coca, un pépin de citron obstruait ma paille et que plus tard la menthe empêchait le flot du mojito.
5 commentaires:
J'adore, j'adhère à mort ... j'avais presque l'impression que j'étais avec vous au Showcase hier soir ...
Ah la la quelle narratrice !!!
on aime bien ce nouveau blog
rendons à César...
le "et la salope : « une meuf trop bien pour vous »" c'est de violaine, pas de moi !
le reste est parfait !
je comprends mieux:)) bonne continuation!
enfin, la gazette la blog!
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