
Elle ne court plus après personne, but herself, parce que c’est déjà bien assez fatigant comme ça. C’est un jour de fièvre, un jour de printemps, elle tente de desserrer l’étau autour de sa tête, histoire de passer un petit coup de balai, d’y faire du rangement. La tête s’échauffe, mais impossible de se coucher avant d’avoir tout ranger, les robes, les unes après les autres, la vaisselle, la casserole où les patates ont brûlé, les verres, les uns après les autres, les mots, les vrais et les faux amis, tout ne va pas pouvoir rentrer dans le cagibi, c’est sûr il va falloir jeter.
L’hémisphère droit se dit de ne pas tout bazarder, ne pas s’énerver, juste s’éloigner. Que le problème, ce n’est pas la méchanceté, ni le mal que certains peuvent porter. L’hémisphère droit doit s’éloigner puisque, parfois, le bien que vous lui voulez ne l’atteint tout simplement pas. Il veut arrêter d’attendre que tout le monde soit là, parce que sinon il n’avance pas.
L’hémisphère gauche décide de prendre l’air, de prendre ses jambes à son coup et de sortir de Paris, il fait du tri et retombe sur des souvenirs, tout un tiroir en est rempli, de visages étrangers et d’accents new-yorkais. Alors il se goinfre de bagels, devient accro au Starbucks et dans la nuit lorsqu’on lui murmure cette langue bien particulière, un court-circuit fait tout sauter et sous la couette il se met à hurler « God loves America ! »
Mais le cerveau tout entier a la migraine. Et malgré toutes les petites pilules de Nurofen il n’arrive pas à reprendre haleine. À défaut des gens, c’est avec les mots que ses neurones se sentent le plus à l’aise, il jette l’éponge et plonge dans ces vies écrites noir sur blanc, il s’identifie aux personnages de roman. C’est alors que tout devient lisse et fait sens pour un instant.
-J’ai souvent le sentiment que rien n’a d’importance. Ce sentiment n’est pas malheureux. Il est plutôt tranquille, calme. D’ailleurs c’est moins un sentiment qu’une évidence –une vérité de loin venue, une neige qui couvre presque tout.
-Pourquoi « presque tout » : qu’est-ce qui résiste à cette « vérité » ?
-Trois choses seulement trois. Ou plutôt une seule chose, la même entrevue dans ses trois états : solitude, silence, amour.
La tête est pleine, il faut faire de la place, un peu de vide. Une solitude bien propre ne lui pèsera sûrement pas. Ma mémoire va exploser, je vais en virer quelques images, me débarrasser de quelques connaissances qui ne sont qu’illusions, pas besoin de s’embarrasser, facebook est là pour ça, pour voir comme on brille bien en société. Autour de la mémoire vide, des dizaines de méninges ne se donnent pas la peine de décrocher, d’autres ne cessent de répéter : « Je suis débordée, overbookée, trop à la bourre, désolée... » Mais t’es surtout trop in, tu cours, t’as trop la classe, t’es sûrement hyper important comme cerveau...
Dommage, parce que toi, t’as pas le temps de faire le ménage.
Au regard du monde, les gens de pouvoir tiennent la place la plus haute. Au regard de l’esprit, ils occupent la place la plus basse et n’appellent que cette compassion que l’on éprouve devant les lourdes infirmités. (Christian Bobin)
6 commentaires:
en retard, en retard, j'ai rendez vous quelque part, je n'ai pas le temps de dire au revoir je suis en retard en retard en retard !
tu racontes plus trop d'anecdotes en fête.....
c'est chouette
Non, non, non, non, non, non, non,
Quelqu'un m'attend
Vraiment, c'est important !
j'ai pas eu le temps de lire ton blog, tu comprends, je suis trop débordée :)
On me nomme Cillit Bang! mais ai tout de même consulter une nouvelle fois cette page
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