
- Bonne journée.
- Bonne nuit.
- Merci.
Bonjour, ou bonsoir. Je ne sais plus. Je suis perdue. Le chauffeur de taxi n’a pas de doute, lui, il lit dans les petites poches sous mes yeux comme dans un livre ouvert : « bonne nuit ». Ça lui ferait presque plaisir cette fatigue qu’il déchiffre sur mon visage. Il se sent moins seul. On se regarde tous les deux et nous partageons la compassion de ceux qui travaillent la nuit.
Bonsoir à tous, il est 1h00.
Les bureaux, c’est comme les bords de mer. Je préfère quand il n’y a pas trop de soleil et que c’est désert. La nuit à la radio, je suis comme un poisson dans l’eau, un papillon de nuit, un papillon dans l'eau. Je suis juste un peu déçue, ni sable, ni galet, de toute façon j’ai oublié mon maillot. Les heures passent au rythme des vagues du flash info et des dépêches Afp que je prie désespérément de déferler.
Bonjour, il est 2h00.
La nuit, le challenge et les problèmes ne sont pas les mêmes. C’est la première fois que je manque de m’évanouir à la vue d’une machine à café cassée. Et quand je parle à l’antenne alors qu’il ne faut pas, que Xavier Bertrand frôle la promotion de ministre de l’éducation et que je trébuche sur les mots comme dans les escaliers du PP alors que je ne suis même pas bourrée, et bien ce n’est pas grave, puisque de toute façon vous n’écoutiez pas. Je serais même parfois tentée d’annoncer les Jeux Olymchique en Pine et de me présenter au prix de la meilleure contrepèterie.
Bonjour, il est 5h00.
- Vous vous levez ou vous allez vous coucher ?
- J’avoue que je ne sais plus très bien non plus. Vous avez qu’à faire un détour par le Baron, je viens de retrouver un ticket boisson dans la poche arrière de mon jean, et puis c’est à côté. En fait non, laissez tomber, on est déjà aujourd’hui et ma nuit va commencer.
Aujourd’hui, je me réveille à peine, je suis encore toute décoiffée, je coupe ma frange, je mets toutes les chances de mes côtés, au risque de dévoiler mes yeux cernés. Chez le coiffeur, à côté de moi un mec est là, avec son journal et un demi, tout le monde se fout de sa gueule, moi je me dis simplement qu’il a tout compris. Un peu plus tard, je fais la queue au supermarché, le couple devant achète un quart de litre de rouge, et ça, ça me fait carrément flipper. Comme s’il fallait dormir la nuit et vivre la journée, comme s’il fallait toujours faire les choses à moitié.
Et bien non, pas question. Ce soir, comme dit Célinette, on va aller zouker des mecs. Mais au bord de la piste de danse, c’est Transpotting le remake, j’ai beau ne pas prendre de drogue, j’ai l’impression d’être dans la peau de Mark Renton. Je file, comme mes collants après avoir trébuché. J’appelle un taxi, je sais d’avance que dans son regard, la compassion aura disparu, qu’il se doute que je n’enregistre pas les flashs en direct du Paris Paris, et que c’est lui qui m’a jeté un sort pour que je tombe dans les escaliers.
C’est la fin de ce flash… demain il fera 14˚ à Paris, 19˚à Marseille…. La matinée sera nuageuse et humide... il y aura bien quelques éclaircies au cours de la journée, mais elles seront timides...
3 commentaires:
c'est quoi la radio déjà ?
Ca donnera pt être au taxi l'envie de t'écouter dans le transistor...Moi juste de lire encore une fois.
Bise
ah cette celinette, aucun respect pour la gent masculine
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